vendredi 17 février 2012

Lundi, je serai accueillante

Bonanza!


100% de tâche
15 allophones captifs

ouahahhahhahah!



Par où je commence astheure?


samedi 11 février 2012

Feuilletage du jour: Dictionnaire Général de la langue française au Canada

J'avais jamais pensé à l'élagage des bibliothèques. J'avais jamais pensé à l'élagage tout court avant que la bibliothécaire de l'école où je travaillais m'annonce que les 6 rangées de livres empilées au-dessus de mon bureau dans la bibliothèque allaient être élaguées, lire mises au bac. Les livres qui n'ont pas été consultés depuis trop longtemps sont remplacés par de nouveaux, plus attirants aux yeux des élèves et du personnel. Que nenni! Pour les yeux des élèves, j'ai fait ma part. J'ai élagué les rangées en faisant un butin sous mon bureau. Dans le lot, il y avait un exemplaire de ceci:


Titre: Dictionnaire Général de la langue française au Canada (1re édition, 1957)
Auteur: Louis-Alexandre Bélisle

C'est quoi? Un dictionnaire de type encyclopédique (imitant le Littré d'après son auteur) qui répertorie le lexique français standard ainsi que le québécois (canadien à l'époque).

C'est bon? Pour la valeur historique, évidemment. Pour retrouver des mots qu'on n'a pas entendus depuis qu'on dormait en-dessous des manteaux de fourrure, absolument. 
L'ensemble du dictionnaire est compilé par Louis-Alexandre Bélisle, président de la Société canadienne de technologie, Directeur de la Société du parler français au Canada et titulaire des cours de français des affaires et marchés mobiliers à la faculté de commerce de Laval. Pas un littéraire ni un linguiste. Il a rédigé un dictionnaire à peu près seul, comme il jugeait bien de le faire. La préface fait office de courte biographie où on peut lire:

Né sur une modeste ferme, aux confins de Saint-Éloi et de Trois-Pistoles, j'ai pu, dès mon éveil à la vie, observer de près, et dans le silence de l'isolement, la belle nature québécoise en toute saison et sous tous les angles...

C'est un dictionnaire de la terre. Ça sent le bon Canadien français. Même les entrées sentent l'habitant. Par exemple, voyez l'entrée pour FOUR:


Je sais pas si c'est parce que je suis née après 1980, mais il me semble qu'en 1957, le four à pain québécois ne devait pas ressembler à ça et la boulangère non plus. Et ce four électrique ressemble davantage à un instrument de torture venu du futur qu'à  l'incarnation du progrès domestique qu'il représentait pourtant dans les années 1950. 'Savez les pubs de GE avec les madames en robes triangulaires qui sourient devant leur four vert avec une dinde dans les mains. Avant que vous n'en parliez, oui, il y a une entrée dans le dictionnaire pour CUISINIÈRE qui ressemble plus à ce qu'on peut retrouver dans une cuisine, mais franchement, vous connaissez un Québécois qui dise cuisinière au lieu de four?

Cela dit, il y a des entrées très intéressantes.  Par exemple, celle de ENFARGER:

 

Bref, des heures de plaisir lexical et rural!

vendredi 10 février 2012

Yes Sir, Madame

So, en attendant d'avoir un contrat dans une commission scolaire dorée, on m'a offert un remplacement en anglais à mon école de suppléance quotidienne. Alors je suis substitute teacher in english 1re secondaire for the time beeing. Je suis enseignante de french, mais bon. I'm available and fluent dans les deux solitudes so... Good morning students. How are you today?

Je pensais que ce serait drôle enseigner l'anglais. Je pensais que j'aurais qu'à me pointer avec mon accent made in USA, à leur parler de n'importe quoi et à leur faire lire n'importe quel texte qui puisse les intéresser tant que c'est in english. Not exacly comme ça que ça se passe. First: ils comprennent à peu près pas l'anglais so I alterne and sometimes chiac. Je leur parle en anglais et leur traduis certains passages en fançais pour prévenir le retour de crises d'angoisses qu'a provoqué ma toute première demi-heure avec eux.

J'suis vraiment out of my comfort zone. Je n'ai aucun plaisir. Je ne sais pas where to start. Comment être productive sans trop les brusquer. It's hard d'enseigner une langue seconde! En plus, le matériel que les élèves ont, cahier d'exercices et manuel, is so boring que c'est hors de question que je l'utilise régulièrement. En 1re secondaire, même s'ils sont faibles en anglais, ils sont quand même able de parler about something else que cats and dogs, right? 

I miss enseigner la grammaire française...

C'est hard d'être prof d'english au secondaire. Besides le défi d'enseigner la matière elle-même, t'as environ 180 students différents qui don't care about ton cours et qui veulent juste watcher des movies.

Bref, I feel divided, un peu comme le cinéaste de Yes Sir! Madame.

jeudi 2 février 2012

Lecture du jour: Paul au parc


Titre: Paul au Parc
Auteur: Michel Rabagliati

C'est quoi? Une BD sur les aventures de Paul qui, vers la fin de l'enfance, apprend la vie entre scoutisme, amours et FLQ. L'histoire est attendrissante et les dessins de Montréal sont magnifiques.

C'est bon? Ouais!

Citations intéressantes :




dimanche 29 janvier 2012

Lecture du jour: Pourquoi lire?


Titre: Pourquoi lire?
Auteur: Charles Dantzig

C'est quoi? Un essai au je sur la lecture du genre je suis un bon lecteur et j'ai envie de vous en parler en faisant des blagues érudites de bon lecteur français. Rien de didactique ici (et ce n'est pas un reproche!). Le livre se divise en chapitres aux thèmes divers allant de Lire pour ne plus être reine d'Angleterre à Lire pour se masturber.

C'est bon? Il parait que oui. Quelque chose m'échappe. Dans ma tête à moi, le texte, il pérore. J'ai l'impression que ça se veut sympathique, mais je n'y accède pas. Ce n'est peut-être qu'un conflit de syntaxe entre l'auteur et moi. Mis à part mon conflit syntaxique, la lecture en vaut la peine ne serait-ce que pour engager une discussion sur la lecture sur des questions autres que Comment le cerveau lit-il? et Faut-il lire les classiques?

Citations intéressantes :
- On ne lit pas pour le livre, on lit pour soi. Il n'y a pas plus égoïste qu'un lecteur.
- Lire pour se contredire soi-même.
- Et le lecteur, se sentant importun dans ce concours d'admiration entre un auteur et son livre, va en lire un autre.
(Je vais le terminer, mais c'est drôle qu'il ait saisi l'impression qu'il me donne en parlant de Duras.)

vendredi 27 janvier 2012

Défi lecture

J'ai pas pris de résolution formelle en 2012. J'en prends jamais. Ma tendance oppositionnelle s'étend même à mes différents moi. Il n'est pas question que mon moi du présent suive une résolution prise par mon moi du passé (qui de toute façon ne fait jamais la vaisselle!) pour venir en aide à mon moi du futur (qui m'accusera probablement de ne pas avoir fait la vaisselle).

Mais, en me perdant dans Internet cette semaine, j'ai croisé ici et là des blogueuses qui se sont fixé un défi lecture en 2011. Elles devaient lire un livre par semaine pendant un an. Ça, c'est beaucoup mieux que: Je ferai la vaisselle tous les jours ou j'irai au gym (pas que la dernière option me soit déjà venue à l'esprit).

Je ne suis pas prête à m'engager pour la totale 1 livre par semaine parce que, entre les classes d'élèves assurément survoltés (puisque ce seront les miens) que j'aurai éventuellement, la correction de textes fascinants qu'ils provoqueront et la planification borgésienne dans laquelle je me lancerai certainement, les sorties en famille, les soupers entre amis et les heures de répétitions musicales que je me sentirai coupable de ne pas rendre plus fréquentes, la disponibilité d'esprit qu'il me restera ne me permettra sans doute pas de lire 1 livre intéressant par semaine.

Je mets d'ailleurs l'accent sur (notez que je n'ai pas dit mettre l'emphase sur) livre intéressant. Par paresse intellectuelle ou fatigue générale, j'ai peu lu de romans en 2011. Vraiment peu. J'avais pas la force de me concentrer sur une lecture exigeante en dehors de l'université alors j'ai essayé de lire des trucs légers, pas trop littéraires, mais ça n'a pas été concluant. En fait, je me cherchais une nouvelle famille Malaussène dans laquelle vivre pour un temps. Savez le genre de lecture légère dans le sens de: ça ne me fait pas réfléchir sur le sens de la vie et de la littérarité et je suis capable de le lire quand je suis en surcharge cognitive, mais je ne me demande pas pourquoi je lis ça à la place de regarder une série télé. Bref, de la lecture à la fois divertissante et intelligente. En 2011, j'ai pas trouvé ça. Zavez des suggestions du genre pour ma liste 2012?

Dans mes tentatives, j'ai lu:

Je voudrais qu'on m'efface
d'Anaïs Barbeau-Lavalette. Je voulais aimer ça et quelque chose sonnait faux. Trop de fausse authenticité, de faux vrai monde qui dit les vraies affaires. C'était gluant de bons sentiments cachés sous des traits d'enfants maganés d'Hochelaye. Ça sentait la fille d'Outremont qui, à force de visiter des amis dans HoMa s'est intéressée aux enfants de l'autre territoire parce que, il le faut bien.

Summer in the city de Candace Bushnell, la madame qui a écrit le livre Sex and the city. La série télé m'amusait. Le livre était intolérable, même pas traduit. Vous me direz que je l'ai cherché. Oui. On dira pas que j'ai pas essayé!

Nikolski de Dickner. J'ai bien aimé. Surtout les pirates! Mais pas encore assez pour combler mon vide.

Le froid modifie la trajectoire des poissons (Szalowski) Bof. L'idée de la théorie de la trajectoire de poisson est chouette, mais l'écriture est terne.

J'ai commencé et mis de côté pour des raisons diverses: Homme invisible à la fenêtre (Proulx), La route (McCarthy), Bestiaire (Dupont) et plusieurs autres dont le titre et l'expérience m'échappent.

Tout ça pour dire que cette nouvelle année, je veux lire davantage. Je m'engage à lire 1 livre par deux semaines à compter de: immédiatement. Je commence par revisiter mes lectures adolescentes. À défaut d'être toutes légères, elles sont au moins familières et potentiellement utilitaires. Demain, je me rachète Le meilleur des mondes.

jeudi 26 janvier 2012

Entrevue d'ébauche

Dans un bureau de commission scolaire dorée.
Moi, propre - 2 directrices d'écoles primaires souriantes

- Commençons. Parlez-nous de votre formation académique.
- Euh... regard trop expressif...
Quoi! Vous commencez par ça! Vous me faites un sourire pédagogiquement louche et vous commencez par ça?! Pas par un: «Qu'avez-vous tiré de votre formation universitaire?» qui me permettrait d'avoir l'air intelligente en tirant des conclusions jonchées de beau métalangage
...

Ressaisir l'oeil, sourire, avoir l'air positive (j'aime les jeunes, les codes de couleur et l'émulation) et éviter la vérité
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